Ouzbeks, Syriens ou Algériens. Des personnes arrêtées sans raison valable ou sur la foi de dénonciations calomnieuses. Parmi elles, des paysans et des bergers afghans ou pakistanais, détenus par erreur. Ces hommes ont passé plusieurs années de leur vie dans la prison située sur l'île de Cuba. Pour rien. Dès 2002, les autorités américaines se rendent compte qu'une majorité de détenus n'a rien à faire là. Même sous la torture, ils n'avouent rien. Parce qu'ils n'ont rien à dire. Petit à petit, ils vont être remis en liberté, discrètement. Pas de procès, pas de justice, l'Amérique ne veut pas reconnaître officiellement ses erreurs...

Aujourd'hui, onze ans après leur transfert, des dizaines d'innocents attendent toujours derrière les barbelés. Parias à vie, marqués à jamais du sceau de Guantánamo, ils risquent la prison ou la peine de mort s’ils retournent chez eux. Un mouvement de grève de la faim se propage à Guantanamo : plus de 60% des détenus refusent désormais de s'alimenter pour dénoncer leur détention, sans inculpation ni procès.

Après une longue enquête, l'équipe d'ARTE Reportage a obtenu un accès exceptionnel à la prison de Guantánamo et a retrouvé des témoins-clés bloqués dans les geôles américaines de Cuba.

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