Courtrai à la frontière franco-belge. Porshes, Benclays, Rolls, Lamborghini… Le décor est tracé… Nous voilà à la fête des millionnaires. Devant une poignée de contestataires et une sécurité imposante, la montée des marches des fortunés de toute nationalité, parmi lesquels des Français, n'a rien à envier au festival de Cannes…

A l'intérieur, le champagne coule à flots. Avec la soirée bien arrosée qui avance, certains se laissent aller à des occupations très personnelles, alors que d'autres font leurs emplettes, sous le regard indiscret d'un fonctionnaire des impôts anonyme… - "Une bague à 100 000 euros, ce n'est pas un problème dit l'un, c'est le look qui compte !" - Un jet privé, huit millions… On peut tout acheter ici, jusqu'à la literie pour 50 000 euros le deux places. Entre deux achats, on se confie et ne cache pas les difficultés de l'entreprise en France accablée par l'impôt. Discours étonnant en ces lieux. Des Français ont élu résidence à quelques centaines de mètres de la frontière, du côté belge, histoire de ne pas payer d'impôt en France où pourtant se trouvent leurs activités… Rencontre imprévue avec la seconde fortune française qui défend son choix et se laisse aller à quelques confidences : ses coupons, sa vision de l'état, les fonctionnaires, le bonheur, le partage. A Paris, des chefs d'entreprises assujettis à l'ISF attendent beaucoup de l'entrée en vigueur du bouclier fiscal.

Ils sont conseillés spécialement par des gestionnaires de patrimoine qui leur permettent de se mouvoir dans une législation fiscale compliquée, mais qui peut rapporter gros pour peu qu'on la maîtrise. Didier, par exemple, dont les activités se déroulent en France, en Lituanie, dans les îles Maurice, en Chine… Opposé à l'impôt pour raison financière bien sûr, il l'est aussi pour des arguments philosophiques. Surprise ! Et en Province ? Détour par l'île de Ré. Visite guidée avec Valérie, chef de fronde anti ISF, ancienne proche de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui déçue par le bouclier fiscal qui maintient la résidence principale dans le calcul de l'impôt contre les intérêts des habitants de l'île, au profit des plus riches. Rencontre avec les petits paysans de l'île qui paient l'ISF. Et ceux qui s'interrogent sur l'avenir ? Ils rencontrent des spécialistes avec lesquels ils envisagent de partir, de fuir la France, d'aller à l'étranger sans vraiment savoir où ? De Eric, avocat spécialisé dont le bureau abrite les drapeaux de tous les paradis fiscaux, à Jean-Paul qui prépare son départ vers le Maroc, entrée dans les montages financiers et juridiques qui permettent de payer un minimum et de tirer le plus d'avantages possible du système. Rencontres au Maroc et découverte de magouilles en tout genre pour passer au travers de l'impôt. Par exemple, les affaires navales, construction, utilisation et revente yachts de plaisance, dans lesquelles Jean-Paul se lance, créant une société suisse et s'abritant derrière un pavillon panaméen… Ou du palais des mille et une nuits que Nicole s'est fait construire dans la palmeraie à quelques kilomètres seulement de Marrakech et dans lequel elle accueille des hôtes pour la modique somme de neuf cents euros la nuit. L'argent peut faire le bonheur et parfois permettre beauté, quiétude et jouissances à l'abri des regards indiscrets.