Novembre 1967. Un silence pesant règne dans le centre spatial Kennedy . Saturn V, le plus gros lanceur jamais construit, va pour la première fois être propulsé dans les airs. Alors que le décompte commence, les yeux rivés sur les écrans de contrôle, les experts s'inquiètent. Les moteurs s'allument, les réacteurs crachent, la terre tremble et les 3000 tonnes de la fusée s'ébranlent doucement jusqu'à s'arracher péniblement du sol. Mission accomplie pour Saturn V, qui atteindra sans encombre l'orbite terrestre. Il lui faudra pourtant deux longues années, rythmées par des essais plus ou moins concluants, pour atterrir sur la Lune.

Dès 1962, les ingénieurs et techniciens du programme Apollo ont dû concevoir des capsules de commande pratiques et capables de loger trois astronautes. En 1964, les premiers tests de solidité externe sont concluants, mais les conditions à l'intérieur permettront-elles de garder l'équipage en vie ? En 1967 a lieu le test réel. Mais le taux d'oxygène pur est alors trop élevé et une explosion cause le décès de trois astronautes. Un an plus tard, une nouvelle capsule est mise à l'épreuve. Apollo 8 décolle et emmène trois astronautes autour de la Lune. Pour la première fois, des êtres humains quittent l'orbite terrestre. Lors du retour sur Terre, les trois parachutes de la capsule s'ouvrent. Tout s'est déroulé comme prévu.

Lorsque le président Kennedy annonça, en mai 1961, qu'un Américain marcherait bientôt sur la Lune, il restait un obstacle de taille à surmonter. En effet, la navigation périlleuse qu'auraient à mener les astronautes nécessitait un puissant équipement informatique, et la mise au point d'un tel instrument de bord relevait, à l'époque, du pari insensé. Immédiatement, la Nasa a fait appel aux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Au total, environ un millier de personnes, la plupart ingénieurs, ont travaillé sur ce projet. Toutefois, la technologie développée était si nouvelle qu'elle a suscité des inquiétudes. Mais lorsque les premiers essais ont été menés, les chercheurs ont réalisé qu'ils avaient pris une avance considérable face à leurs concurrents soviétiques.

En 1962, les équipes du programme Apollo sont confrontées à un casse-tête : comment permettre aux astronautes d'aller sur la Lune, d'en redécoller puis de repartir vers la Terre ? La solution retenue est celle qui permettra à la fusée de se séparer en deux, la partie mère restant en orbite pendant que le module se rend sur la Lune. Après de nombreux essais, parfois aux limites de la science-fiction, un test en conditions réelles est pratiqué. Mais les risques sont énormes car le carburant demeure instable et toxique. La capsule est recouverte d'aluminium doré afin de protéger l'équipage de températures extrêmes. Or, quand les astronautes se retrouvent dans l'espace, les commandes s'avèrent défaillantes.

En 1971, la mission Apollo 15 part en direction de la Lune. L'équipage est composé de trois hommes : le commandant David Scott, ainsi que les pilotes Alfred Worden et James Irwin. Cette mission a pour particularité d'être la première à utiliser le rover lunaire. Le 31 juillet 1971, ce véhicule roule pour la première fois sur la surface du satellite terrestre. Pesant 210 kilos, il pouvait atteindre la vitesse de 14 km/h, grâce à ses quatre moteurs électriques. Il a parfaitement rempli ses objectifs. Pourtant, les ingénieurs n'ont travaillé que 17 mois sur sa conception. C'est pour la Nasa que Boeing et une filiale de General Motors ont élaboré ce véhicule qui a également servi pour les missions Apollo 16 et 17.



L'ordinateur de navigation | Partie 2 de 6



Le module lunaire | Partie 3 de 6



Le module de commande | Partie 4 de 6



La combinaison spatiale | Partie 5 de 6



Le tout terrain lunaire | Partie 6 de 6