Sotchi, au bord de la mer Noire, est l’une des villes balnéaires les plus populaires de Russie. En juillet 2007, la municipalité est désignée par le Comité international olympique (CIO) pour organiser les Jeux d’hiver de 2014. Pourtant, bien des voix se sont élevées pour critiquer ce choix pour le moins surprenant. Le site se trouve en effet dans une région au climat subtropical, où il ne neige que rarement. Les villages montagneux de l’arrière-pays ne sont pas réputés pour leur domaine skiable. Comment un dossier aussi médiocre a-t-il pu remporter les suffrages du CIO, notamment face à celui de Salzbourg, ville aux infrastructures de pointe et à la longue tradition de sports d’hiver ?

La décision doit beaucoup à l’opiniâtreté de Vladimir Poutine, qui s’est entiché de Krasnaïa Poliana, station de prédilection des oligarques russes située non loin de Sotchi. En sept ans, la ville balnéaire et ses alentours ont été défigurés par des chantiers monstres, au mépris de l’environnement et des populations, entre rejets de produits chimiques, décharges sauvages et expropriations des habitants. Les intérêts financiers en jeu s'avèrent colossaux et la gestion du chantier reste opaque. Et pour cause : on rapporte des faits de corruption systématique des fonctionnaires, de gigantesques détournements de fonds, en passant par des intimidations, menaces de mort et autres pratiques mafieuses. L’opposant Garry Kasparov, l’homme d’affaires Valeri Morozov, réfugié à Londres après avoir été évincé du chantier, et des représentants d’organisations environnementales prennent la parole – à leurs risques et périls – pour dénoncer les pratiques du Kremlin.



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