Le voyage de la mort vers la mort " : c’est ainsi que les réfugiés syriens surnomment la traversée de la Méditerranée pour fuir leur pays en guerre et tenter d’atteindre l’Union européenne…

Ces derniers mois, les filières d’immigration clandestine ont changé d’échelle : ce n’est plus à bord de frêles esquifs mais entassés par centaines sur des cargos vétustes que les candidats à l’exil tentent le voyage. Il n’en est pas moins périlleux : entre six et dix jours de mer dans des conditions de vie extrêmes : les réfugiés arriveront à destination " Inch’allah !" - "Si Dieu le veut".

Un des principaux lieux de départ de ces traversées est le port turc de Mersin, proche de la frontière syrienne. Les passeurs n’ont qu’à tendre la main pour trouver des candidats au départ. Quatre cent mille Syriens se sont réfugiés dans la ville, mais moins de 20% d’entre eux ont pu y trouver un travail pour survivre. Ceux qui peuvent se payer le voyage vers l’Europe sont issus de la classe moyenne. Ces familles syriennes vendent leurs derniers biens pour monter sur des bateaux fantômes, au péril de leur vie. Pris en charge par les trafiquants, ils vivent reclus dans des hôtels tenus par la mafia turque, en attendant le prochain départ…

Société