Depuis les élections législatives de 2010, qui ont donné la majorité à son parti de centre-droit, le Fidesz, le premier ministre Victor Orbán a engagé la Hongrie dans une "révolution nationale". S'intéressant à tous les secteurs de la vie publique, la réalisatrice multiplie les points de vue pour dresser un bilan complet de cette évolution. La nouvelle constitution et la nouvelle loi sur les médias inquiètent les observateurs européens, comme en témoignent Daniel Cohn-Bendit, député européen, et Martin Schulz, président du Parlement européen. Le milieu artistique n'est pas épargné : le chef d'orchestre Ádam Fischer a quitté la direction de l'Opéra national lorsque le Fidesz s'est mis à lui dicter sa programmation. Le nationalisme et le rejet de l'autre progressent, tandis que l'antisémitisme et la haine des Roms se banalisent, à la grande satisfaction du Jobbik, parti d'extrême-droite et deuxième force parlementaire du pays. La dimension économique n'est pas oubliée : Christoph Rosenberg, économiste au FMI, analyse les mesures prises par Victor Orbán tandis que le ministre de l'Intégration sociale Zoltán Balog décrit les tensions sociales dans un pays qui compte plus de 30 % de pauvres. Le mouvement "Un million pour la liberté de la presse" qui se développe sur Facebook annonce-t-il un printemps magyar ? Ou les Hongrois ne croient-ils plus au changement ? Selon les sondages, seul un tiers d'entre eux prévoit d'aller voter aux élections législatives de 2014.

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